Premières moissons….interview

Le Prieuré de Grignan 

Premières moissons

Un an après son inauguration par Mgr Pierre-Yves Michel, le Prieuré de Grignan existe sans conteste. Des centaines de personnes y sont venues, que ce soit pour prier ou pour se rencontrer. A l’approche de la visite pastorale en juin de l’Evêque du diocèse de Valence, entretien avec Jacinta et Jozef de  Graauw, couple résident, responsables du lieu.

Où en est le Prieuré ?

Il grandit dans un foisonnement quotidien. Aujourd’hui, par exemple, c’est une « Journée Désert ». C’est-à-dire passée à réfléchir, à prier si l’on est croyant, à faire l’expérience du silence, si rare dans la société actuelle. Vous seriez venue un autre jour, vous auriez pu participer à un atelier d’ouverture aux sens, à la respiration, à l’écoute de soi, à la méditation. Ou à la messe mensuelle dans notre jolie chapelle. Ou vous auriez fait des crêpes avec les enfants.

Quel rapport entre les crêpes  et la spiritualité ?

Nous ne sommes pas des êtres désincarnés. Pour nous, chrétiens, le corps est un temple sacré. Peu de gens en prennent conscience. Nous cherchons à les aider à découvrir les dons qu’ils ignorent posséder grâce à des ateliers de créativité comme, par exemple, l’art thérapie. Ou le parcours d’art qui s’installera en juin au Prieuré grâce à une vingtaine d ‘artistes. La beauté a toute sa place ici. Sous toute ses formes.

La mission du Prieuré est aussi d’accueillir ceux qui se  sont éloignés de l’Eglise, les non-croyants ou ceux qui professent une autre religion. Comment comptez-vous y parvenir ?

Notre démarche ne fait que commencer, mais, cette première année d’expérience nous montre que cette Maison d’Eglise, ouverte à tous vents et à tous de façon très concrète, permet à certains de redécouvrir l’Eglise. Je pense à ce couple qui croit mais n’aime pas la messe du dimanche. Ici, ils sont entrés dans la petite chapelle, une fois, deux fois, puis ils sont revenus avec leurs enfants et leurs petits-enfants… Et cette femme très remontée contre l’Eglise. Ses réflexions ont bien évolué depuis.

Un miracle ?

Non, il n’y a pas de miracle. Nous nous contentons de mettre en place des conditions favorables. Cette maison a été une ferme avant d’accueillir les religieuses dominicaines. Elle a une âme. Ce n’est pas une maison d’associations. C’est une maison d’accueil et de prière. Je crois à la force du témoignage. Et je constate chaque jour que notre couple laïc suscite des questionnements.

Où en sont les travaux ? 

Ils tiennent une grande place dans notre quotidien. Le chantier de rénovation et la mise aux normes avancent. La phase 1 est terminée : les réparations, la rénovation de la toiture, l’aménagement d’un appartement pour le couple résident et la simplification des réseaux sont achevés. La phase 2 est en cours: la grande salle multi-fonctionnelle, avec un bloc sanitaires adapté PMR, est quasiment terminée; reste la mise aux normes de la cuisine. Enfin, la phase 3, avec l’hôtellerie et les chambres avec sanitaires et sorties de secours sont en attente. Quant à l’aménagement de la cour intérieure et la création d’un parking PMR, ils sont en bonne voie.

Comment s’annonce l’été ?

Foisonnant, là encore. Familles, enfants, vacanciers, touristes, travailleurs… Nous sommes là où les gens se trouvent. La porte est ouverte: lectures, conférences express, musique, petits dimanches, pique-nique, balade dans le domaine, jeux…

Et tout cela marche tout seul, bien sûr ?

Là non plus, pas de miracle. Mais chacun peut aider. Pour un jour ou plus si affinité, côté jardin, côté cour… Il suffit de s’inscrire.

Propos recueillis par L.L.