Le Tremblement de terre du Chili

Le Tremblement de terre du Chili
de Heinrich von Kleist

Une variation sur le bien et le mal, lue par le comédien Marc-Henri Boisse. 

En mai 1647, un tremblement de terre d’à peu près 15 minutes secoua la région de Santiago et détruisit complètement la capitale. Il s’agit du plus grand séisme répertorié dans les chroniques de la période coloniale. Cette catastrophe qui, selon les chroniqueurs, réduit à néant la cathédrale de Santiago, fut aussi interprétée religieusement par les colons.

S’inspirant de cette catastrophe traumatique, le jeune Heinrich von Kleist interprète le séisme non comme la colère et la punition divines mais plutôt comme le révélateur du mal à l’oeuvre dans les coeurs. Dans cette nouvelle emblématique du romantisme, il dévoile la dureté des hommes, s’interroge sur la nature de la justice, sur le mal qui prend bien souvent les habits de la vertu ou encore sur le rôle que les hommes font jouer à Dieu… Et met en scène de façon frappante la recherche du bouc émissaire et les mouvements de foule qui aboutiront à l’achèvement de la tragédie. Lui qui vécut un temps à Paris connaît les horreurs de la Terreur et les transporte, en quelque sorte, de l’autre côté de l’océan.

Il n’y aura pas de happy end.

Heinrich von Kleist

Poète maudit du romantisme allemand, Heinrich von Kleist (1777-1811), fut le premier auteur de langue allemande à être joué en France, après la seconde guerre mondiale. C’était en 1947, au festival d’Avignon débutant, dans un pays encore blessé à vif. Gérard Philipe endossait le rôle-titre du Prince de Hombourg. Il interprétait un jeune officier condamné à mort pour avoir désobéi à ses chefs alors que cette désobéissance lui avait permis de remporter la bataille. Des conflits comme celui-ci furent nombreux dans la très courte vie de Kleist comme dans son œuvre. 

Marc-Henri Boisse

Fin lecteur bien connu des habitués du Prieuré de Grignan, Marc-Henri Boisse exerce le plus souvent ses talents à France-Culture et à France-Musique. Acteur de théâtre, et de cinéma expérimental, il a été formé par le grand Antoine Vitez et travaillé avec des metteurs en scène mythiques, tels Bernard Sobel ou Richard Foreman.,